Rêver à Québec :

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Rêver à Québec

Avant d'exercer les tâches d'explorateur, de navigateur, de géographe, de scientifique, de naturaliste, d'ethnologue, Champlain était d'abord un rêveur...

Dès 1617, Champlain voit grand pour la petite bourgade de Québec, composée alors d'une poignée d'individus. Il songeait, il rêvait au développement d'une ville d'importance majeure, de la taille des grandes villes européennes.

Cette ville serait Ludovica, en l'honneur du roi Louis XIII et serait bâtie dans ce qu'on appele aujourd'hui la basse-ville...


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Déclarations historiques
28 février 2006
L'historien britannique Arnold Toynbee affirme, dans le numéro de mars 1949 de la revue The World Review :

« J'ai l'idée que le peuple de l'avenir dans les Amériques pourrait bien être les Canadiens français. [...] Si l'humanité est destinée à connaître enfin des jours heureux, alors je prédirais qu'il y a un avenir dans l'Ancien Monde pour les Chinois, et dans l'Amérique du Nord pour les Canadiens. Quoi qu'il arrive, je ne crains pas d'affirmer que ces Canadiens de langue française seront là pour vivre les dernières heures de l'humanité dans l'Amérique du Nord. »

Tiré de: CD-ROM Histoire populaire du Québec (Jacques Lacoursière).

Cette affirmation étonnante, en particulier pour l'époque où elle a été émise, n'est pas sans me rappeler l'exclamation doucereuse de René Lévesque, ce politicien doué pour la flatterie envers son propre peuple, au soir du référendum sur l'indépendance du Québec, le 20 mai 1980:

"Nous sommes quelque chose comme un grand peuple!"



Quelque chose comme... On ose s'affirmer, quoi, mais avec des excuses préalables, des fois qu'on nous qualifierait de prétentieux!

Ah! Champlain. Si tu savais la misère qu'on a eu, tu comprendrais pourquoi on est bonnasse, encore de nos jours.
Serge Alain @ 22:30   -- Lien permanent -- 0 commentaire(s)
Le premier choix de Champlain
Ce que tous devraient savoir à propos de Samuel de Champlain, c'est qu'il n'avait pas choisi Québec en premier. Ni même le Canada. Le patriarche, le « Père de la Nouvelle-France », avait fondé tous ses espoirs dans une autre terre promise.

Pour tout dire, cet éminent monsieur a rêvé de la Floride durant plusieurs années, avant de se résoudre à fonder une colonie dans notre patrie. Les lois du commerce, de la politique et de la navigation l'ont forcé à choisir Québec. Pour finalement suggérer à son roi: il n'y a pas de plus beau lieu pour établir une colonie.

Que nous le voulions ou non, nous habitons un deuxième choix de contrée, et cette destinée se reflète paradoxalement dans toute notre histoire, dans toute notre psychologie, voire même dans les déclarations débiles de nos animateurs radio contemporains (mais im-modernes) ou nos Elvis Gratton tristement quotidiens.

La Floride, à la suite du sieur de Brouage, est restée dans nos moeurs comme étant la patrie du premier choix, du moins pour un certain nombre d'entre nous. Nos têtes blanches veulent y finir leurs jours. Nos jeunes s'en contenteraient volontiers. Dans leur inconscient, les Québécois ont tous un coin chaud à finir leurs jours, un rêve ensoleillé qu'ils dorlottent. Notre inconscient collectif est un pays chaud. Nos espoirs profonds et nos rêves les plus fous n'ont pas des décors de steppes de neige mais bien des plages de sable léchées par de l'eau chaude.

La patrie rêvée de nos ancêtres n'a jamais été le Québec. Plein d'entre nous vous parleront aujourd'hui du Québec, le vanteront désespérément, allant jusqu'à idolâtrer ses hivers. Mais leurs rêves dorment dans le sud, dans un inconscient plus ou moins lointain. Nous n'habitons pas le tiers-monde mais plutôt un petit paradis pour consommateurs blasés. C'est super. Mais côté climat, les trois-quarts de la planète sont plus propices à la vie humaine que ce pays.

Quand il fait moins 35, personne ne peut prétendre habiter un lieu béni. Cette contrée est inhospitalière et inhumaine, point. Seule la souffrance quotidienne nous a permis d'y survivre, et de nos jours, l'électricité primordiale qui nous a manqué certains jours de janvier 98.

Cela vous rappelle à coup sûr la chanson de Charlebois : Cartier, si t'avais navigué? Ou la bonne affirmation de Michel Mambara qui laissait entendre que le Québec n'était pas son premier choix, en tant qu'immigrant.

Avouons-le une fois pour longtemps. Nous n'aurions peut-être pas choisi nous-même cette contrée enneigée et presque toujours glaciale, si le choix de notre destinée en Amérique du Nord nous avait été donné.

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher
Être né quelque part


- Maxime LeForestier

On ne choisit pas notre lieu de naissance. Comme on choisit pas sa gueule (bon, là c'est une chanson de Ferré qui me revient à l'esprit). Nous, on a appris à marcher sur des trottoirs glacés, à patiner, à glisser et à en tirer le meilleur parti possible.

On ne choisit pas grand chose au départ. Après, on vit avec. Tous les beaux Québécois (ainsi que les moins avantagés par la Nature) vivons le deuxième choix de Champlain. Vigneault et les autres ont tout fait pour nous aider à accepter, que dis-je, à envier notre propre sort. Mais les Québécois ont beaucoup de difficulté à accepter leur destinée. On ne devrait souhaiter l'hiver à personne.

Au bout du compte, remarquez, on s'en tire assez bien. Des méga centres commerciaux, restos huppés, électricité abordable et salaires convenables peuplent notre quotidien dans l'un des pays (Québec ou Canada, au choix) les plus riches de la planète. Vous protesterez sans doute en me parlant du coût du chauffage, des impôts abusifs, des voitures qui se dégradent sous notre climat, etc. Vous me ferez verser une toute petite larme, en regard du sort de tous les Terriens qui ne font pas partie de l'Occident, ainsi qu'une appréciable partie de celui-ci.

Lors de la construction de son abitation à Québec en 1608, Champlain a vu la moitié de ses hommes mourir, à une époque où ni l'assurance-vie ni l'assurance-maladie n'existaient. Il s'est engagé dans un établissement risqué et coûteux, il a investi ses propres deniers, il rêvait du Sud mais s'est contenté du Nord. À bout de ressources, Champlain s'est obstiné à rester ici, il a tout fait pour créer dans ces terres sauvages un refuge pour Français déchus. Il a fondé ici une sorte d'espoir né du désespoir.

Vous en êtes, en quelque sorte, le résultat. Le Québec est la patrie des gens désespérés, qui cultivent l'espérance en hiver et de malheureux plants de tomate en été.

Ce Champlain, vous aurez toujours le loisir de le maudire. Les pneus d'hiver, l'isolation des maisons, le chauffage problématique d'une habitation, les étés trop courts, les piscines inutilisées, les taxes à n'en plus finir. Champlain a des responsabilités quant à beaucoup de nos malheurs. Ce monsieur a fait des choix pour lesquels nous payons toujours.

Vous célébrerez pourtant son honneur, un jour de 400ième, car les décisions de cet aventurier sont l'une des innombrables raisons pour lesquelles vous existez. Peut-être aussi lui sommes-nous redevables lorsqu'on apprend à apprécier les moments irremplaçables de l'existence et les merveilles insoupçonnées de la Nature qui nous entoure.

Regardons les choses... froidement. Le froid, en principe, ça nous connaît. Et nos rêves sont chauds.

Nous sommes un peuple d'édredons, de catalognes, de capots de poil, de « dis-moi donc, t'as un beau casse », de fourrures, de thermostats électroniques, de barrages hydro-électriques, de patins, de traînes sauvages. Nous vivons pourtant dans une société de consommation idéale où le Wal Mart nous désennuie mais que n'empêchent pas de nous envier la plupart de nos proches ou lointains voisins, pour qui le moindre bout de tissu sert à éponger la sueur (qui ne découle pas toujours de la température ambiante mais bien du travail inhumain).



Parvenus enfin dans le 21ième siècle, on a acquis un droit de parole qui nous permet de chialer à notre guise, puisque c'est un droit démocratique. Et on pleure dans le PVC, le polymer, le plastique, le caoutchouc, le bois traité, en se disant que nous sommes peut-être un peuple opprimé.

Nous ÉTIONS un peuple opprimé. Nous ne sommes aujourd'hui qu'un peuple assimilé dans une société de consommation où la vitesse prime sur le sentiment. Où le rêve n'est plus ce qu'il était.
Serge Alain @ 20:46   -- Lien permanent -- 1 commentaire(s)
De Montréal à Limoilou
25 février 2006
Revoir de vieux souvenirs, s'ils nous font parfois rêver, peut aussi nous faire revenir sur Terre. Nous ramener à des valeurs de base, tandis que la possession de voitures, cellulaires, magnétoscopes et ordinateurs ne nous rend pas plus heureux.

J'ai demeuré 5 ans à Limoilou, sur un tout petit bout d'rue (rue Bourdon). Un de mes plus beaux tiroirs à souvenirs: la naissance de ma fille, malgré un appart où l'humidité suintait sur les murs, la chambre à fournaise adjacente, on gelait tout rond. L'absence de baignoire, une douche étroite dans une salle de bain minuscule. Un matou qui laissait sa pisse dans nos fenêtres de sous-sol. Un propriétaire avare mais pourtant humain, qui lavait et promenait sa femme atteinte d'une grave maladie dégénératrice, mentalement et physiquement.

Et pourtant.

Et pourtant, ça m'a rappelé aussi les 6 premières années de ma vie... à Montréal. Nous habitions un logement à peine décent, rue Hutchison, tout en bas du Mont-Royal. Je couchais dans la même chambre que mes deux soeurs ainées. Mon frère avait son lit dans le passage. Mes parents dépliaient le sofa-lit du salon le soir venu, pour reposer leur petit corps fatigué.

Et pourtant, aucun des membres de ma famille ne se rappelle ces souvenirs en évoquant de la misère ou de quelconques larmes. L'essentiel qui nous est resté de cette époque, ce sont des souvenirs agréables. Probablement parce que "tout l'monde" vivait comme ça dans c'temps-là, on ne connaissait personne à envier. Les arbres étaient beaux, la ruelle était pleine de vie. Et la montagne aussi.

Ce n'est que durant la Crise d'Octobre que j'ai sû que Trudeau, James Richard Cross et d'autres "pauvres" riches habitaient dans les environs de l'avenue des Pins, quelques centaines de pieds plus haut...
Serge Alain @ 23:48   -- Lien permanent -- 1 commentaire(s)
Donner à réfléchir

Sous certains aspects, Québec est une ville-dortoir: il fait bon y rêver.

Par son altitude, Québec est une ville aérienne où planer est un plaisir évident.

Avec son look souvent romantique, Québec peut aussi faire perdre la tête... ou stimuler l'imaginaire.

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