Rêver à Québec :

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Rêver à Québec

Avant d'exercer les tâches d'explorateur, de navigateur, de géographe, de scientifique, de naturaliste, d'ethnologue, Champlain était d'abord un rêveur...

Dès 1617, Champlain voit grand pour la petite bourgade de Québec, composée alors d'une poignée d'individus. Il songeait, il rêvait au développement d'une ville d'importance majeure, de la taille des grandes villes européennes.

Cette ville serait Ludovica, en l'honneur du roi Louis XIII et serait bâtie dans ce qu'on appele aujourd'hui la basse-ville...


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Hauts et bas d'une Ville
11 juin 2006


Le fait que les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur ont longtemps été répudiés par plusieurs concitoyens de leur propre ville aurait des origines très lointaines, selon Luc Noppen.

Le virage s'est opéré très tôt dans notre histoire, avant même que la vallée de la rivière Saint-Charles soit véritablement peuplée. Pour tout dire, cette forme de rejet date de la fin du rêve de Samuel de Champlain d'y fonder la cité de Ludovica.

L'installation de Québec comptait déjà quelques institutions administratives et religieuses en haute-ville (le Vieux-Québec actuel) tandis qu'en bas, autour de la future Place Royale, s'étaient rassemblés marchands et artisans. Montmagny, et plus tard, Frontenac, successeurs de Champlain, conserveront ce concept très métropolitain où les autorités se réservaient le haut de la ville. C'est ainsi que naquit à Québec le séculaire clivage entre la haute-ville et la basse-ville... et que le projet Ludovica fut abandonné.

Par le biais de cette vision aristocratique fut érigé l'Hôpital Général en 1692, sur les berges de la Saint-Charles. Frontenac voulut réserver l'Hôtel Dieu en Haute-Ville pour les malades tandis que loin de la ville d'alors, tout en bas, l'Hôpital Général accueillerait:

les aveugles, les paralytiques, les invalides, les vieilles personnes en enfance, les folles, les femmes et filles repenties et autres pauvres pour lesquels ne peuvent estre reçus à l'Hôtel Dieu, qui n'est que pour les malades.

Noppen commente:

Saint-Roch, désigné du nom du "patron des catastrophes" (...) a longtemps subi le poids du mauvais sort et, surtout, de la diffamation".



La vision de saint Roch

(Source)




Le XIXième siècle accentua cette malédiction par la construction de l'Hôpital de la Marine (aménagé plus tard pour les victimes du choléra...) et l'éclosion de quatre incendies majeurs.




Incendie du quartier Saint-Roch, Boulevard Langelier. Le Monde illustré, 5 août 1899.
(Source)


La prospérité apportée par les chantiers maritimes, tanneries, fabriques de chaussures augmentèrent rapidement le nombre d'ouvriers canadiens et immigrants habitant des maisons souvent en bois... mais ne fit rien pour la réputation du quartier. On le considérait toujours malfamé et repère pour des activités illicites, ce qui n'était pas tout à fait faux, du reste.

Même à l'époque du commerce florissant de la rue Saint-Joseph au XXième siècle, on raconte que:

Marchands et bourgeois de la haute-ville, voyant d'un mauvais oeil la subite prospérité de la "Broadway de Québec", ont tôt fait d'ânonner la rumeur: Saint-Roch serait le "repère de petits marchands juifs, rebut[s] d'humanité". Anti-sémitisme et xénophobie ont eu raison de l'urbanité du quartier, dynamique et multiethnique comme le voulait sa nord-américanité: le centre administratif qu'on prévoyait déployer à Saint-Roch s'est déplacé vers la haute-ville qui, toujours, avait pris le quartier pour repoussoir.

Noppen termine ainsi l'épilogue:

On "exorcisa" le quartier juif du centre-ville en y établissant la paroisse Notre-Dame-de-la-Paix; on acheva de "le forcer à déguerpir" en construisant l'autoroute Dufferin-Montmorency qui devait téléporter les banlieusards dans le Vieux-Québec. Le "quartier" chinois, autour du Carré Lépine, connut le même sort (...) comme le percement du boulevard Charest, qui laissa le coeur de Saint-Roch en friche pendant plus de vingt ans..

En dépit de toute ces observations, la renaissance entamée du quartier, "libre comme l'Amérique", jumelée à sa difficile histoire, nous fait hériter d'un joyeux chaos, bien urbain, de formes, de matériaux et de couleurs.









Sources:

L'architecture de Saint-Roch. Guide de promenade. Luc Noppen et Lucie K. Morisset. Les Publications du Québec, 2000.

Québec de roc et de pierres: la capitale en architecture. Luc Noppen et Lucie K. Morisset. Éditions MultiMondes, Québec, 1998.

Luc Deschamps
Serge Alain @ 17:50   -- Lien permanent --
5 Commentaire(s):
  • Le 11 juin, 2006 23:33, Blogger jacriver a écrit:


    "ON" aime s'imaginer que personne ne va se rappeler de la destruction du quartier chinois et juif comme un acte de racisme et de xénopphobie
    Car la "piece a conviction" qui sert d'alibi , c'est a dire l'autoroute Dufferin, sert a masquer tout cela par son discours de "rationalité urbaine": "C'était nécessaire!"

    Sauf qu'a mesure qu'on se rend compte que "c'était pas nécessaire pantoute..." l'éclairage change et met en lumiere des coins obscurs qu'"ON" préférerait oublier...

    Ceci étant dit , je crois qu'il faudrait être tres "nuancé" avant de conclure ou de simplifier; c'est tout un quartier qui servait de repoussoir (pas seulement une ethnie...)
    Le texte de Noppen ou de Lucie Morissette me semble adéquat et nuancée justement!
    Quand on dit par ex. que des gens de la haute-ville descendait presque "en cachette" pour aller au cabaret "Chez-Gérard", ce n'était surement pas a cause d'une ethnie mais plutot a cause d'un quartier (immoral, ethnique,sale, malfamée, commercial, marchand,industriel...etc etc)
    Ca prenait une dimension plus large que simplement ethnique, mais ...c'était tres présent quand même ! (a suivre)

     
  • Le 12 juin, 2006 00:08, Blogger Serge Alain a écrit:


    J'étais convaincu d'obtenir un commentaire de ta part sur le sujet!!

    Non, ce n'était pas seulement "ethnique", loin de là. Les citations et explications le montrent bien, je crois.

     
  • Le 14 juin, 2006 13:39, Blogger jacriver a écrit:


    Ceux qui m'ont lu dans le blog "Québec Urbain" et qui ne comprennent pas mon entêtement a promouvoir la destruction d'une partie des Bretelles Dufferin...comme un grand projet digne de 2008 trouveront une bonne partie de la réponse dans le texte ci-dessus: "lES HAUTS ET LES BAS D'UNE VILLE"

     
  • Le 14 juin, 2006 18:49, Blogger Serge Alain a écrit:


    Merci, Jaco, euh Jacriver!

    Je soutiens ton entêtement et j'espère bien que cette atrocité disparaîtra, 400ième ou pas!

     
  • Le 06 septembre, 2011 21:58, Anonymous Luc Deschamps a écrit:


    Merci d'inclure mon tableau dans votre texte très intéressant...
    Luc Deschamps
    lucdesarts@yahoo.ca
    http://artlucdeschamps.weebly.com/

     
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Par son altitude, Québec est une ville aérienne où planer est un plaisir évident.

Avec son look souvent romantique, Québec peut aussi faire perdre la tête... ou stimuler l'imaginaire.

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